5 mai 2017

L’observatoire GESTE / Cedexis de la Qualité de Service Internet

Observatoire GESTE/CEDEXIS de la Qualité de Service Internet

Tous les mois, la sonde Cedexis Radar, embarquée sur les sites web des membres du GESTE, remonte 6 milliards de données relatives au temps de chargement des pages chez les internautes.

Impressionnante remontée de la France au classement européen, mais la fracture numérique est toujours plus importante

Résultats Janvier-mars 2017

Quelques bonnes nouvelles chez certains opérateurs masquent une stagnation

Six places. Nous avons assisté,  au premier trimestre de l’année 2017, à une étonnante remontée de la France au classement européen en termes de qualité de service de l’Internet. De la 22ème place, elle remonte à la 16ème. 

Pourtant, on ne retrouve pas cette bonne nouvelle dans les chiffres. Il semble que cette remontée soit plutôt due à la baisse de qualité dans les pays de l’Est de l’Europe qu’à une bonne performance française. Le temps de chargement des pages, en valeur médiane, est en effet passée dans l’Hexagone de 6,7 à 6,9 secondes sur un trimestre. Un temps de chargement plus long de 0,2 seconde qui impacte avant tout les internautes les moins bien servis : 34,2 secondes séparent les 10% d’internautes disposant des connexions les plus rapides des 5% d’internautes pâtissant des connexions les moins bonnes. 

C’est 0,4 seconde de plus que le trimestre précédent. La relative performance de la France au classement européen masque donc une dégradation pour une proportion non-négligeable de Français. L’amélioration constatée sur les connexions les plus rapides est surtout le fait d’un opérateur, SFR, qui réalise une baisse des temps de chargement notable sur le trimestre. Pas de quoi se réjouir cependant, puisque cela lui permet simplement de rattraper le peloton de queue de ses concurrents, toujours loin de son entité-mère Numericable. Et les récentes mises à jour de Box chez certains abonnés, qui sont passés d’un réseau Numericable à un réseau SFR, laissent à penser que l’opérateur effectue une rationalisation de ses systèmes plus qu’il ne les améliore. Hypothèse que pourrait confirmer la dégradation relative sur l’AS de Numericable - qui reste toutefois largement en tête des performances. On note enfin une baisse continue des performances chez les 5% d’abonnés Free les moins bien lotis. 

En somme, outre ces questions propres au opérateurs, ce trimestre en trompe-l’œil montre surtout un accroissement des inégalités, en métropole comme dans les Outre-mer. Avec 11,5 secondes de temps de chargement médian, c’est une dégradation de 0,5 seconde sur un trimestre dans les DROM-COM. Pire, l’écart se creuse dans ces territoires entre les 10% les mieux servis et les 5% les moins bien lotis. 48,6 secondes les séparent désormais, soit une augmentation de 5,8 secondes. Une fracture numérique qui ne cesse de s’étendre, et vient souligner les difficultés de ces territoires en matière d’infrastructures, l’un des points essentiels de la crise qui se joue actuellement en Guyane française. 

Pour illustrer cette crise, on notera qu’un internaute guyanais pile dans la médiane met aujourd’hui 12,29 secondes à charger une page, quand un habitant de métropole met moitié moins. Et l’écart entre les mieux desservis et les moins bien est flagrant dans ce département d’outre-mer : 50,02 secondes. De quoi donner du poids aux critiques légitimes sur la différence de traitement, même si elles ne se résument évidemment pas à la qualité de service Internet. 

Temps de chargement des pages en France métropolitaine
Période des mesures : 1er janvier au 31 mars 2017
Temps de chargement total des pages (en secondes) 

Temps de chargement des pages en DROM/COM
Période des mesures : 1er janvier au 31 mars 2017
Temps de chargement total des pages (en secondes) 

Temps de chargement des pages depuis des réseaux européens ou de pays francophones
Période des mesures : 1er janvier au 31 mars 2017
Temps de chargement total des pages (en secondes)